Pour les 200 ans de la bataille des Nations, se réuniront à Leipzig environs 5000 personnes, pour rejouer les batailles qui ont eues lieu dans les environs de Leipzig en 1813.
Ces reconstitutions de batailles sont des terrains de jeux pour les amateurs de combats, les passionnés d’histoire, les fans de costumes, les sociétés d’événementiels et les sympathisants de l’armée qui dans la reprise d’actes de guerre éprouvent, parait-il, quelque chose de sublime et d’assouvissant, une certaine satisfaction. Différents désirs et fantasmes y sont assouvis; un besoin d’identification immédiat, la recherche de valeurs, les armes, la passion du déguisement.

Majoritairement, le plaisir apparait lors des passes d’armes, lors de la mise en scènes des combats. Le courage, la grandeur, ou plutôt l’entichement des codes militaires, sont placés au premiers plan.

Les organisateurs des reconstitutions de la bataille des Nations utilisent de drôles d’arguments pour justifier leur événement; on veut se souvenir de la libération, pour conserver les traditions, garder les anciennes valeurs, la vie des camps militaires, les scènes de combats et se retrouver paisiblement entre camarades autour du feu avec l’idée européenne actuelle.[1]


«Si nous étions présents à la reconstitution nous pourrions saisir avec tous nos sens ce que les gens ont ressentis lors de la bataille» argumente le K&K Ug Leipzig, sous couvert de «marketing, de services touristiques et d’image» [2] Que vivent les gens durant cet événement?



  1. «Ici on trouve, [...] 12 jours après la bataille, toujours encore des restes de ces malheureux, avec des plaies noircies et, gémissants sur les champs de paille [...] la vue de cette mort et de l’amputation gisants en tas et qui entravent souvent entièrement le chemin, fait frémir.


  2. «La vue d’une telle misère amène une impression qu’on ne peut d’écrire et qu’on ne comprend que quand on l’a vécu» ou «On peut à peine faire un pas sans trébucher sur un cadavre ou un blessé, et comme ça sont mélangés, vivants, blessés et morts, certains rampants sur les mains et les jambes à la recherche d’un lieu calme pour l’esprit; durant cette période froide, dans la boue et l’humidité, ils se font déshabiller par les Russes puis meurent seuls et sans aide [...]. Pour tous les visages déformés et crispés des malheureux dégageaient un sentiment de peur profonde. Toute l’histoire parle de convoitise et de peur.» [3]


Peut on à l’aide de cette petite citation prendre comme authentique l’expérience vécue? Naturellement la reconstitution n’est pas une vraie guerre, ni une véritable bataille rangée avec 600 000 protagonistes au 20°sc.
C’est un raccourcis, mais duquel, à mon avis, peut découler par la reconstitution théâtrale, une forme d’expérience de l’hallucinante cruauté de cet événement historique.

On doit bien comprendre, que tous ces arguments ne sont qu’une excuse pour cacher le plaisir de jouer à la guerre.
Les acteurs s’imaginent être de vrais guerriers, ils cherchent une voie à l’écart du tourisme industriel et espèrent, par le contact avec leurs camarades, les locaux et les personnages historiques (qui leur parlent à travers leur journaux), trouver leur propre vérité. [4]

Mais que vaut ce témoignage d’un seul, que vaut le vrai et vivant personnage dans la guerre? Rien!
La guerre est le plus stupide des moyens pour faire de soi un héros.



  1. 1.Film de Eva Siemon: http://www.youtube.com/watch?v=7gCKlJdW1zI)

  2. 2.http://www.1813voelkerschlacht.eu/projekte/reenactment.

  3. 3.Zeugen des Schreckens, Erlebnisberichte aus der Völkerschlacht in und um Leipzig, ProLeipzig, 2012)

  4. 4.Ulf Otto, Re:Enactment, in: Roselt/Otto: Theater als Zeitmaschine, Transcript, 2012)

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